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L’EMPREINTE D’UN HABITAT - Philippe RIZZOTTI

39.00

L'EMPREINTE D'UN HABITAT de Philippe RIZZOTTI

Pavillon de l'Arsenal, 35x30cm, 344p.,illus., 39€ (français / anglais)

  
La quête de légèreté n’est pas nouvelle. L’ambition de réduire la quantité de matière débute il y a un siècle dans un contexte de pénurie de logements et de matériaux. Avec l’urgence de bâtir plus et l’obligation de consommer moins, quelques pionniers inventent d’autres architectures. Ils s’appellent Richard Buckminster Fuller, Charlotte Perriand, Pierre Jeanneret, Albert Frey, Lauwrence Kocher, Walter Gropius, Konrad Wachsmann, Jean Prouvé, Charles et Ray Eames, Makoto Masuzawa, Jorn Utzon...
Cet ouvrage analyse l’évolution de la construction légère dans les pays industrialisés au travers d’une trentaine d’architectures expérimentales réalisées entre 1920 et 2020.

Économie de moyen, rapidité de mise en œuvre, modularité, flexibilité et évolutivité… ces qualités inhérentes à la construction légère se conjuguent désormais avec les ambitions écologiques de frugalité : maîtrise du cycle de vie, autonomie énergétique et diminution des émissions de gaz à effet de serre. Conçues par Renzo Piano, Werner Sobek ou Shigeru Ban, de Paris à Tokyo, les architectures légères contemporaines explorent la modularité, la construction participative ou la miniaturisation. Elles se fondent sur la conviction que construire, en conscience, plus léger réclame moins de matière, utilise moins de ressource, produit moins de déchets, demande moins de temps de montage, nécessite moins d’espace, requiert de façon exponentielle moins d’énergie, réduit symétriquement l’empreinte carbone de la construction d’un habitat.

Cette étude menée sur une trentaine de projets internationaux révèle le potentiel et la diversité des systèmes constructifs développés. Elle témoigne de la capacité de ces architectures à s’adapter aux techniques et attentes de leur temps. Chaque exploration relue dans son contexte historique à partir d’archives reflète une démarche, une technique et un mode d’habiter. Redessiné et décomposé selon un protocole développé pour cette manifestation par l’agence Philippe Rizzotti Architecte et le laboratoire IBI de l’ETH Zürich, le corpus dévoile des correspondances, des qualités partagées. Cet inventaire permet de quantifier les constructions, comparer les matériaux, analyser les assemblages et classer tout ou partie pour faire émerger des logiques adaptables demain.

A partir des mesures réalisées sur la maison 8x8 BCC « tout bois » - conçue par Jean Prouvé et Pierre Jeanneret, dont les éléments servent d’étalon, l’analyse offre aussi pour la première fois l’opportunité de mettre en regard l’estimation des masses, des composants, des systèmes constructifs des bâtiments et leur empreinte carbone, pour les comparer entre eux et aux constructions classiques. Les résultats édifiants tournent systématiquement à l’avantage des architectures légères. La masse moyenne au mètre carré des maisons présentées ne dépasse pas les 300 kg /m2 quand les pavillons actuels atteignent aisément 1200 kg /m2. Leur empreinte carbone moyenne corrigée est évaluée à 282 kg CO2.eq/m2, alors que l‘objectif de la nouvelle réglementation est de 640 kg CO2.eq/m2 avec l’ambition d’être limité à 415 CO2.eq/m2 à partir de 2031.

À l’heure où le bâtiment doit réduire sa consommation de ressources et face aux externalités négatives qu’il génère lors de sa fabrication, son allègement ouvre un formidable champ d’application rapide à mettre en œuvre, consolidé par une histoire connue, référencée et désormais analysée. La quête de légèreté paraît d’autant plus fondamentale que la transformation de nos processus de fabrication permettrait de réduire instantanément de 50% les émissions des nouvelles constructions avant même qu’elles soient habitées, tout en intégrant les objectifs de réduction de consommation énergétique et en offrant des gisements de matériaux pour l’avenir.